A partir des modes médiévaux  

 

 

Méthode de formation musicale

pour chanteurs

 


 

Les modes médiévaux m’ont semblé être d’excellents matériaux pour que les notes et les intervalles soient compris et ressentis dans les tensions et les détentes qu’ils engendrent dans un contexte mélodique et harmonique. 

 

D’abord, ils permettent de découvrir une page de l’histoire de la musique passionnante, peu abordée dans l’apprentissage de la musique. Ils représentent la base, le fondement de notre musique tonale, et permettent donc de mieux la comprendre. En découle aussi qu’étant la base, ils sont plus simples d’approche pour commencer.

 

D’autre part, grâce à leur diversité, ils possèdent chacun des spécificités propres, à commencer par l’ambiance personnelle qu’ils génèrent dans une œuvre musicale et qui est assez vite identifiable. Ce caractère propre est dû aux intervalles entre les notes qui constituent le mode : ainsi, chaque mode permet d’aborder des intervalles qui lui sont spécifiques, et de les comprendre dans leur contexte mélodique.

D’autre part, les mélodies modales peuvent être soutenues par un simple bourdon, ce qui permet aussi d’avoir une vision très claire des tensions ou des détentes que produit leur relation avec une basse. Ainsi, chaque note est appréciée dans un contexte mélodique et harmonique fondamental.

 

Par ailleurs, le travail avec bourdon est très intéressant pour le travail de la justesse ! Qui dit justesse et modes amène forcément le sujet sur notre tempérament égal, et c’est l’occasion de faire un détour vers les harmoniques des notes, et de prendre conscience de la justesse « pure » et de la justesse « tempérée ».

 

D’un point de vue formel, les chants de cette époque représentent aussi la base de la musique tonale. A l’insistance sur le premier et sur le cinquième degré du mode dans les mélodies modales correspondra plus tard la prédominance et la relation entre l’accord de tonique et l’accord de dominante. Les « repos », en suspension ou en détente, leur ordre dans le chant, la construction de la mélodie, tout annonce le système qui sera le notre pendant plusieurs siècles. L’analyse d’un psaume dans la méthode permet de comprendre ces fondements.

 

 

 

L’objectif principal étant d’être autonome face à une œuvre, j’ai composé des chants à partir de chaque mode. Les exercices proposés dans la méthode ne reposent ainsi pas sur la seule motivation de les chanter, mais aussi de préparer le chant qui suit. Ces exercices s’organisent en mémorisation ou en lecture, apportent des explications sur le mode ainsi qu’une méthodologie pour aborder une œuvre musicale.

 

Les chants mettent en évidence le caractère personnel d’un mode. Dans cet objectif là, certains sont proposés dans un mode puis transposés dans un autre. D’autres mêlent deux modes afin de souligner leurs différences. D’autres encore accentuent les similitudes du monde modal et du monde tonal. 

 

Enfin, les modes ne se limitant pas aux seuls modes médiévaux, une brève ouverture vers les modes orientaux et vers ceux utilisés et créés au XXième siècle permet d’élargir l’horizon vers le monde et vers aujourd’hui.

 


Les chants


Rêves bleus (mode de RE, conscience de la sixte majeure dans un mode mineur)

 

Rencontres (mélange du mode de RE et du mode de LA, alternance de la sixte majeure et mineure dans un mode mineur)
 

La mujer y el hombre (mode de MI, conscience du demi-ton de départ)
 

Dans tes bras (conscience des intervalles du demi-ton et du ton)
 

Au s’cours (mode de FA, conscience de la quarte augmentée)
 

Drive all the night (mode de FA, conscience de la quarte augmentée)

 

Berceuse d’Ouzougou (mode de DO, identique à la gamme de DO majeur)
 

Given to wander et Siren song (mode de SOL et mode de DO, conscience de la septième mineure, en alternance avec la septième majeure)

Ça orâ l’air chinôas (mode pentatonique)



Dans les enregistrements :

Agnès Bove, chant

Marc Bizzini, piano

Rêves bleus

Berceuse d'Ouzougou

Siren song

Paroles

I dream about a world under the sea

I could be an angel with a siren song

 

I dream about my life, what can I do ?

I love the nights of the sub-world

 

I feel my soul

And a promise of fever

Mysterious wind of miracles

And more clean fever

And more white fever

 

“You must confront your life

Which is leaving you

Stand there listening to the day.”

 



Soirée jeunes compositeursSoirée Jeunes Compositeurs

 

Gaelle Reynaud, metteur en scène

 

Un petit mot des compositeurs :   
  
Un bus, un chapeau, des pieds, une place, un bouton... et cent manières différentes de raconter l’histoire, toutes droites sorties de l’imagination de Raymond Queneau.

Neuf petits morceaux choisis, neuf variations musicales, du sérialisme au cabaret.

Olivier Rabet

 


Ces trois mélodies, faisant partie du cycle des « Chansons de Bilitis » (texte de Pierre Louÿs) sont une sorte d’hymne à la Beauté féminine, imprégné de la passion et de l’érotisme saphique.

Dimitri Tchesnokov


Quelques chansons écrites au gré de rêveries fantasmées, dans lesquelles se mêlent des textes contemporains et des mélodies modales. De là naissent des univers empreints de poésie et de questions intimes.

Laurence Huc